POURQUOI JE SUIS BRONZE ET PAS MASTER ?

Témoignage tiré d’une histoire presque vraie.

En parcourant la sphère des internets consacrée à HOTS, on ne peut s’empêcher de remarquer qu’une question revient très souvent : comment doit-on faire pour monter dans le ladder ? Les réponses sont multiples et complexes.

Ceci n’est en aucun cas un article prétendant détenir la science infuse, mais plutôt une réflexion strictement personnelle. J’ai conscience que l’expérience sur le jeu varie énormément selon les personnes, mais ce qui fait la richesse d’un jeu comme Heroes, c’est justement le partage de ladite expérience. Voici l’histoire d’une joueuse lambda, c’est-à-dire moi.

Quand j’ai débarqué sur Heroes il y a un an et demi, j’ai naïvement lancé mes classées étant, comme la plupart, vraiment curieuse de connaître mon niveau. Et là, c’est la cata, je me retrouve silver 3 avec la sale impression de n’avoir aucun skill. S’en sont suivis plusieurs mois de dépression lourde avec un véritable questionnement existentiel : pourquoi, bon dieu, pourquoi n’étais-je pas tombée minimum diamant 3 ?

La solution s’est imposée d’elle-même : tout ça, c’était de la faute de mes mates. Parce que mes mates étaient des singes incapables de mettre un pied devant l’autre correctement et qui jouaient probablement avec des moufles, voire des gants de toilette, à la place de leurs doigts.

Du coup, j’ai commencé à trashtalk. J’ai spam le ping jusqu’à ce que les touches de mon clavier sautent – repose en paix, fidèle compagnon. J’ai récolté un mute. Mais bizarrement, ça ne m’a pas fait mieux jouer.

Ensuite, j’ai découvert la légende du elo-hell, une obscure histoire de complot de grenouilles mutantes qui empêchaient les bronze et les silver de monter le ladder ou quelque chose du genre, et j’y ai presque cru. Jusqu’à l’illumination divine : et si progresser était à la portée de tout le monde ?

Et si je perdais juste parce que j’abandonnais mentalement dès les premiers faux pas ? Ne dit-on pas que la victoire est avant tout psychologique ? Et si je n’avais juste pas le bon état d’esprit pour progresser ?

Loin de moi l’idée de me poser en donneuse de leçon, il s’agit d’une expérience tout à fait personnelle et l’apprentissage diffère en fonction des gens, mais je pense que le secret réside juste dans l’optimisme et dans l’ouverture d’esprit. Même dans la défaite, il y a quelque chose à en tirer. Mon pick était-il adapté ? Avais-je le bon build ? Quelles meilleures décisions aurais-je pu prendre au moment T ? Mes calls étaient-ils pertinents ? La liste est longue.

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IL FAUT JUSTE ARRÊTER DE BLÂMER SES MATES

Tes coéquipiers faut les voir un peu comme ta famille un peu reloue, tu les choisis pas mais tu dois faire avec pendant vingt minutes. Bien sûr, personne n’est à l’abri du tilt, mais appliquer les principes de la psychologie positive ne fait de mal à personne et au moins, ça évite de tomber dans le cercle vicieux des « gg » sarcastiques balancés au premier mauvais move. De toute manière, il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin, comme on dit.

Et si au lieu de taunt celui qui a fait une erreur, j’allais lui donner un coup de main en lane pour qu’il voit qu’on peut se faire confiance ? Une game n’est jamais perdue. Combien de fois j’ai vu des teams qui dominaient les teamfight perdre en late à cause d’un excès de confiance ?

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JE M’APPELLE PAVLOV

Pavlov était un scientifique russe qui a travaillé sur les mécanismes de conditionnement. Des pigeons appuyaient sur un bouton et des graines tombaient. Bah moi c’est pareil, j’appuie sur des touches pour avoir une gratification en jeu. Donc l’acquisition des réflexes et des automatismes me semble très importante.

J’ai essayé de me poser des questions également très théoriques aussi : suis-je plutôt micro ou macro ? Est-ce que j’étais capable d’accepter des remarques constructives sur ma manière de jouer ?

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LA COMMUNICATION C’EST BIEN

J’ai aussi très vite remarqué que dans le bas elo où je me trouvais, j’étais particulièrement concentrée sur mon gameplay, jusqu’à en devenir totalement aveugle et perdre totalement la notion de jeu en équipe.

Commencer à regarder mes replays de manière neutre, parfois avec des joueurs de bien meilleur niveau que moi, m’a beaucoup aidée. Parler de manière positive dès le draft, réfléchir ensemble à des strats, jouer les Dalai Lama quand ça partait en cacahuète, m’a permis d’acquérir un nouvel état d’esprit bien plus positif qu’à mes débuts et de retrouver le plaisir de jouer, ce qui est quand même l’essentiel.

Pour conclure, ce qui m’a vraiment aidé à progresser, ce n’est pas me taper la tête avec mon clavier en hurlant. Mais plutôt de repérer mes erreurs et de travailler dessus ; me concentrer plutôt sur moi-même au lieu de commenter aigrement les fautes les plus flagrantes de mes coéquipiers ; essayer de profiter des manquements et des faiblesses de l’adversaire au moment opportun.

L’adaptabilité, la connaissance de son pool de champions et le fait d’avoir des picks de confort est la clé : en soloQ, il ne tient qu’à moi, à vous, de faire la différence.

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Ceci est une synthèse assez succincte de ma réflexion.

N’hésitez pas à venir partager votre propre expérience et votre point de vue.